La cérémonie du thé

Qu'est-ce que la cérémonie du thé ?

La cérémonie du thé japonaise Cha no yu, est un art traditionnel de la préparation du thé matcha.

Depuis sa découverte il y a plusieurs millénaires, le thé s'est inscrit si profondément dans les sociétés de ses pays producteurs qu'il a inspiré la création de divers rituels et cérémonies.

Ainsi, le poète Lu Tung, surnommé "fou du thé", lui dédit ce Chant du thé :

« La première tasse humecte mes lèvres et ma gorge,
La deuxième bannit ma solitude.
La troisième dissipe la lourdeur de mon esprit, rendu confus par tant de lecture.
La quatrième exhale une légère transpiration, dispersant par mes pores toutes afflictions de la vie.
La cinquième me purifie.
La sixième m'ouvre le royaume des immortels.
La septième, ah que ne puis-je en boire davantage !
Je ne perçois plus le souffle du vent qui enfle mes manches.
Transporté par cette douce brise, je gagne les cieux.
» - Lu Tung

C'est de cette approche bouddhique zen de l'appréciation du moment présent que s'inscrit la cérémonie du thé japonaise.

Chanoyu, la voie du thé : de l'aristocratie à Sen no Rikyû

La cérémonie du thé japonaise Cha no yu (茶の湯, l'eau chaude du thé), est un art traditionnel de la préparation du thé matcha. Cette pratique représente la parfaite quintessence de l'expression de la culture japonaise. Ce moment de partage que représente la cérémonie du thé s'inscrit dans la discipline, ou philosophie plus large qu'est le chadō, ou sadō (茶道, la voie du thé).

A la fin de l'ère Kamakura, les aristocrates japonais socialisent autour du thé matcha. Des jeux comme le tocha (闘茶) ou le cha kabuki (茶歌舞伎) sont populaires : ils consistent à faire devenir aux convives la région d'origine des thés juste en les goûtant. Le thé matcha représente alors un produit raffiné cristallisant les liens dans la haute société lors de rencontres agrémentées de poésie waka ou encore de calligraphie.

Si les fondations de la cérémonie du thé japonaise sont posées avant le XVIème siècle, au même moment que la généralisation de la consommation de thé dans l'ensemble de la société japonaise, c'est le maître de thé Sen no Rikyû (1522-1591) qui lui donnera sa forme définitive. Riche marchand, Sen no Rikyû devient un maître de thé reconnu, notamment grâce à ses services pour les seigneurs féodaux Nobunaga Oda et Hideyoshi Toyotomi. Sen no Rikyû s'éloigne en effet de la cérémonie traditionnelle chinoise, faisant la part belle aux ustensiles luxueux et extravagants, et opte pour une simplicité volontaire et élégante, plus en adéquation avec la mentalité japonaise. C'est le principe spirituel aujourd'hui nommé wabi-sabi : simplicité et art de l'imperfection.

La cérémonie du thé japonaise Chanoyu, centrée sur la préparation du thé matcha, était une opportunité pour l'hôte d'accueillir ses invités avec enthousiasme. Il s'agissait également du symbole des relations entre les seigneurs féodaux. Ainsi, ils pouvaient montrer l'étendue de leur influence en présentant des ustensiles de thés célèbres.

Suite au décès par hara-kiri de Sen no Rikyû, trois écoles de thé, toutes tenues par ses descendants, ont vu le jour : omotesenke, urasenke, et mushakojisenke, l'école Urasenke étant aujourd'hui la plus présente au Japon.

Quatre grands principes : Wa, Kei, Sei, Jaku

La cérémonie du thé, telle que conceptualisée par Sen no Rikyû, repose sur quatre grands principes : wa (harmonie), kei (respect), sei (pureté), et jaku (tranquillité).

  • Wa (和) : La recherche de l'harmonie est commune à toutes les cultures, mais le Japon a élevé cette vertue depuis des temps très reculés. La paix peut être trouvée lorsque les individus agissent dans un esprit d'harmonie. Ce mot exprime également le sentiment d'unité entre la nature et l'humain. Lors d'une réunion de thé, l'harmonie s'exprime entre l'hôte et l'invité, les invités entre eux, l'ambiance et la saison, la nourriture servie et les ustensiles utilisés.
  • Kei (敬) : Le respect découle naturellement du sentiment de gratitude. Le désir d'être respecté doit être accompagné de la volonté d'être respectueux. Faire preuve de respect peut faire beaucoup pour faciliter l'établissement de relations apaisées. Le respect transcende les relations humaines et est également accordé aux objets. L'étiquette observée dans la salle de thé aide l'étudiant à appliquer ce principe. Ce qui paraît être excessivement strict permet d'intérioriser l'esprit du respect. L'hospitalité de l'hôte, la considération entre les invités et l'hôte, et la prise en main délicate des ustensiles mettent en lumière ce respect.
  • Sei (清) : La pureté de l'esprit et du corps sont essentiels. La pureté du coeur est étendue à toutes les personnes présentes et aux ustensiles. Il est possible d'atteindre un état de pureté émanant de l'intérieur lorsqu'on purge toutes nos impuretés et que l'on n'est plus obsédé par des considérations superficielles. Lorsque l'hôte nettoie les ustensiles de thé, il purifie à la fois son coeur et son esprit en se concentrant totalement sur cette tâche.
  • Jaku (寂) : Contrairement aux trois autres principes, la tranquillité n'arrive qu'au fil de la pratique de la voie du thé, et nécessite une élévation spirituelle par la connaissance de soi. Elle donne une signification aux réunions de thé en apprenant à maîtriser ses émotions.

Comment se déroule la cérémonie du thé ?

La cérémonie du thé suit donc un déroulement parfaitement codifié, qu'il convient de connaître aussi bien en tant qu'hôte qu'invité.

  1. Les invités sont d'abord invités à se purifier les mains et la bouche avant d'entrer dans le pavillon de thé, ou chashitsu (茶室).
  2. Ces derniers sont ensuite invités à entrer, en s'inclinant lorsqu'ils traversent la porte d'entrée, volontairement très basse.
  3. Une fois dans la salle de thé, les invités admirent la décoration, toujours changeante selon la saison. L'alcôve contient ainsi un parchemin et une décoration florale spécialement préparés pour ce jour particulier.
  4. Une fois emprunts de l'harmonie et de la sérénité du lieu, les invités s'assoient sur les genoux (星座, seiza) sur le tatami.
  5. Avant que le thé ne soit servi, les invités reçoivent un repas d'inspiration washoku s'il s'agit d'une réunion formelle, ou des sucreries wagashi sinon. Ces sucreries sont servies soit dans des bols, des paniers ou dans des assiettes.
  6. L'hôte entre dans la salle de thé, et prépare en silence le thé matcha devant les invités. Le premier invité, ou invité d'honneur, reçoit alors le thé, et s'excuse de boire le premier avant de le déguster.
  7. Chaque invité reçoit à son tour son bol de thé, et le scrute minutieusement.
  8. L'hôte nettoie les ustensiles, et les invités ont l'occasion d'admirer leur beauté, et de poser des questions sur leur lieu de fabrication, le nom de l'artisan...
  9. L'hôte raccompagne les invités à l'extérieur de la salle de thé, et range les objets disposés dans l'alcôve. La cérémonie est alors terminée.

Quels ustensiles sont utilisés durant la cérémonie du thé ?

Les réunions de thé reposent sur des thèmes spécifiques. L'hôte doit avoir une considération toute particulière sur le choix d'un ensemble d'ustensiles qui reflètent l'idée de ce thème. Une des réjouissances des invités est de tenter de deviner quel thème a été choisi par l'hôte.

La cérémonie du thé nécessite ainsi l'utilisation d'ustensiles précis :

  • le chawan (茶碗), ou bol de thé, est un élément central de la cérémonie. Il existe une multitude de variétés de bols utilisés lors des cérémonies du thé. La forme peu profonde du bol a été élaborée pour suggérer la fraîcheur et permettre à la chaleur de s'évaporer rapidement. On peut également admirer le contour du bol ainsi que son pied.
  • la chashaku (茶杓), ou louche à thé, est dotée d'une dimension spirituelle. A l'origine simple instrument renouvelé à chaque occasion, l'ustensile est devenu graduellement l'incarnation de l'esprit du maître de thé, de la même façon que le katana du samurai.
  • le chasen (茶筅), ou fouet en bambou, est utilisé lors de la préparation du thé matcha. Il permet le mélange de l'eau à la poudre de thé matcha, et selon l'école de thé, à le faire mousser.
  • la hishaku (柄杓), ou écope en bambou, permet de verser l'eau utilisée durant la cérémonie. Avec le chasen, il s'agit d'instruments changés lors de chaque cérémonie du thé, pour représenter la pureté, un des quatre principes de chanoyu.
  • le mizusashi (水差し), ou récipient à eau, est un des plus grands ustensiles utilisés lors de la cérémonie du thé, et influe grandement sur le choix des autres instruments.
  • enfin, la natsume (棗), ou la boîte à thé, permet de contenir la précieuse poudre de thé couleur vert de jade. Elle est traditionnellement recouverte d'une laque noire et de motifs en or.

Si vous souhaitez démarrer l'apprentissage de la préparation du thé matcha, nous vous conseillons de commencer par acquérir un set à thé matcha contenant un chawan, une chashaku et un chasen, comme celui proposé par la marque Iro.

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« Le thé n’est rien d’autre que ceci : faire chauffer l’eau, préparer le thé et le boire convenablement, il n’y a rien d’autre à savoir. » - Sen No Rikyû
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